Le réservoir, expliqué
Embalse El Yeso : ce que c’est, pourquoi cette couleur, et le vent
Un barrage construit en 1964, une couleur qui vient de la roche broyée, et un vent que les photos de carte postale ne montrent jamais.
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| Détail | |
|---|---|
| Altitude | ~2 500 m au-dessus du niveau de la mer |
| Construction | 1964, avec un barrage sur la rivière Yeso |
| Capacité | Environ 250 millions de mètres cubes |
| Couleur | Turquoise, due à la farine glaciaire en suspension |
| Rôle | Une partie de l'approvisionnement en eau de la région de Santiago |
Un barrage en activité, pas un lac naturel
L'Embalse El Yeso est un réservoir artificiel, créé en 1964 par le barrage de la rivière Yeso alors qu'elle descend des hauts Andes — l'un des principaux affluents du fleuve Maipo, avec les rivières El Volcan et Colorado qui traversent également ce même système de canyon. Il retient environ 250 millions de mètres cubes d'eau et compte parmi les réservoirs qui alimentent l'approvisionnement en eau de la Région métropolitaine de Santiago — bon à savoir avant de supposer qu'il s'agit simplement d'un lac alpin pittoresque ; c'est aussi une infrastructure, et les règles d'accès peuvent changer pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le tourisme.
D'où vient réellement ce turquoise
La couleur provient de la farine glaciaire — des particules de roche extrêmement fines broyées par les glaciers en amont des vallées du Yeso et du Maipo, puis charriées dans le réservoir par les eaux de fonte. Ces particules sont suffisamment petites pour rester en suspension dans l'eau plutôt que de se déposer, et elles diffusent la lumière du soleil d'une manière qui produit ce bleu-vert si particulier. C'est le même mécanisme qui explique la couleur des lacs alimentés par les glaciers ailleurs dans les Andes et les Alpes — ni filtre, ni teinte minérale, ni additif quelconque : debout sur la rive, le spectacle est exactement conforme aux photographies.
Les montagnes alentour
Le réservoir repose dans une cuvette de sommets dénudés, largement dépourvus d'arbres, dans le haut Cajon del Maipo, avec les Andes les plus élevées et la limite des neiges visibles en amont de la vallée par temps clair. Les sommets les plus connus du canyon — le volcan San Jose, culminant à près de 5 900 mètres et le plus récemment actif du groupe, et le volcan Maipo plus au sud-est, à la frontière avec l'Argentine — ne sont pas directement visibles depuis le rivage, mais la roche environnante appartient au même terrain haut-andin, et la même activité volcanique qui les a façonnés explique en partie l'aspect de cette vallée.
Le vent, et ce qu'il fait réellement
Le réservoir se trouve dans une cuvette exposée au-dessus de 2 000 mètres, presque sans couvert arboré, et le vent y est systématiquement plus fort — et plus froid — que tout ce que l'on ressent à Santiago le même matin. Il a tendance à se lever au milieu de la journée, précisément au moment où la plupart des excursions se trouvent sur le rivage pour le pique-nique. Une couche coupe-vent vaut la peine d'être emportée même lorsque les prévisions pour Santiago semblent clémentes.
Ce que l'on peut faire et ne pas faire au bord de l'eau
Il s'agit d'un réservoir qui alimente l'approvisionnement en eau d'une ville, pas d'une plage de baignade — longer le rivage et prendre des photos est l'activité standard, et les opérateurs n'intègrent généralement ni baignade ni navigation. Considérez cette halte comme une étape panoramique et photographique, avec le pique-nique comme événement principal, plutôt que de vous attendre à des sports nautiques.
Le Marmolejo, et les sommets plus en amont dans la vallée
Continuez dans le même bassin versant au-delà du réservoir et le terrain mène vers le volcan Maipo puis, plus au sud-est, vers le Marmolejo — à un peu plus de 6 000 mètres, le sommet le plus méridional de cette altitude au monde. Aucun de ces sommets ne se trouve directement sur l'itinéraire de cette excursion, mais ils appartiennent au même système haut-andin au sein duquel le réservoir est niché, et l'ampleur de la roche nue autour de l'Embalse El Yeso donne un avant-goût de la chaîne vers laquelle ce canyon finit par s'élever, pour quiconque pousse plus loin qu'une excursion d'une journée ne le permet.
Pourquoi la teinte n'est pas toujours exactement la même
Le turquoise précis varie selon la saison et même d'une semaine à l'autre — plus ou moins d'eau de fonte glaciaire alimente le réservoir, ce qui modifie la quantité de farine de roche maintenue en suspension dans l'eau, et la teinte évolue en conséquence tout au long de la saison de fonte estivale. Une photo prise à la fin du printemps, gorgée d'eau de fonte fraîche, peut sembler sensiblement différente d'une photo prise au début de l'automne, une fois la fonte ralentie et stabilisée. Rien de tout cela n'est un défaut de la destination ; c'est le même processus naturel qui rend la couleur réelle en premier lieu, simplement pas parfaitement identique à chaque visite.